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Lundi 23 mai 2005
Saint  Charles  Palace   Project

(Communiqué de presse par Isabelle Baudiment


Jean-Sébastien Guiliani

Né à Grenoble en 1977, Jean-Sébastien Guiliani grandit au milieu d’une nature forte avec les Alpes comme horizon.

A 17 ans, lors d’un séjour dans la capitale, il rencontre par hasard le travail de Jean Cocteau dans une galerie de la rue de Seine. Chez Cocteau, l’homme et l’artiste, l’œuvre et la vie semblent se confondre. Il est frappé par ses lignes claires où le dessin épouse les mots et par la nature d’un artiste qui incarne son époque autant qu’il contribue à l’écrire.

En 2000, il s’établit à Paris et entre à l’école des Arts Graphiques. Il travaille parallèlement pour un studio d’animations et participe à plusieurs campagnes, notamment pour la Sécurité Sociale et EDF, puis il prend en charge la communication et le graphisme d’un réseau parisien de salles de concert. Pendant 4 ans, il étudie, travaille et se forge un style singulier qui repousse les frontières du graphisme, de la musique et de la mode.

En 2003, il se lance dans un projet personnel qui allie sa passion pour la culture pop et sa connaissance des milieux d’arts contemporains où il évolue. Lecteur enthousiaste de romans de série B, il a l’idée d’en faire l’adaptation graphique.

Il crée un collectif qui réunit le graphiste Jonathan Kaplan, artisan pudique et sensible des animations sur Flash, le designer Pascal Cuttoli dont il aime la rigueur et la précision, le photographe Hugo Cabella pour sa vision en couleur du monde et le très chic Laurent Heim qui est styliste pour l’agence Mafia. Féminine et énigmatique, Agathe Crespo est son égérie. Julien Naudin redécouvre les classiques en créant un univers musical techno-électronique. Eric Gratien, scénariste paranoïaque et lucide, aficionado d’Antonin Artaud, signe la réadaptation de l’intrigue, et, sous la houlette de Kamsone Tavy qui coordonne le projet, avec la grâce qui le caractérise à rendre les choses belles, Saint Charles Palace devient réalité.

St Charles Palace : le kitsch chic

Dans la ville futuriste d’Ajipolis, la presse à scandale s’émeut de la mort du très médiatique Jasper Camson. Au même moment, la détective Maria Montana retrouve Jasper bien vivant au Saint Charles Palace. Poursuivi par l’agent secret Doobrowska, Jasper s’éclipse et donne rendez-vous à Maria dans sa suite. Quand elle le rejoint, Jasper Camson, le phénix des nuits équatoriales d’Ajipolis, est retrouvé mort, une couronne d’épines sur la tête. Pourquoi, le Dr Doctrinn n’a t-il pas l’air surpris ?

 


Volontairement minimaliste, l’intrigue de Saint Charles Palace sert de prétexte à Jean-Sébastien Guiliani pour composer des tableaux qui mettent en scène toute l’iconographie populaire des romans de série B en nous plongeant dans un univers balisé où il fait bon se perdre. Les images présentes dans l’imagination du lecteur s’incarnent et prennent ici toute leur dimension. Le texte et le dessin se fondent et proposent une expérience de lecture nouvelle. Tableau après tableau, on pénètre une atmosphère à la fois kitsch et chic qui rend au roman de gare ses lettres de noblesse en en faisant un objet d’art très tendance.

Un univers avant-gardiste

Le travail de Jean-Sébastien Guiliani nous propose presque un style de vie, une esthétique appliquée à la rue, à l’architecture, au design, à la mode et à la musique. Aucun détail n’est laissé au hasard, sacs, lunettes, chaussures, coiffures, mobilier, couleurs, slogans publicitaires ou sonorités, tout participe à composer un monde très contemporain. Inspirée des principes du piano oculaire, la musique de Saint Charles Palace nous immerge dans un environnement sonore urbain, où les voix se tordent et se distordent sur des rythmes électroniques conçus pour s’accorder à la tessiture chromatique de l’image. L’ensemble de ce travail, à la facture très stylisée, invente une nouvelle signalétique, libre à nous de nous laisser transporter dans l’univers de l’artiste et d’en rapporter un souvenir si le voyage nous plait. Jean-Sébastien Guiliani n’impose rien, mais nous livre, par-ci, par-là, quelques pistes pour le rejoindre.

 
Par Baudiment - Publié dans : SHEEPSHED
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